Le rendement réel de mon fonds euros, suivi sur cinq années

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Le fonds euros s’affichait en lignes sages sur mon écran Generali, et le capital garanti restait presque immobile quand j’ai rouvert mon relevé un soir de janvier. La bouilloire sifflait dans la cuisine, mes deux enfants dormaient déjà, et je cherchais enfin ce que ce placement m’avait laissé après cinq ans. J’ai appris à traquer le chiffre qui compte, pas celui qui rassure à moitié.

Comment j’ai suivi mon fonds euros année après année sans me tromper

Pour donner un ordre de grandeur concret : sur ces cinq années, le rendement net de mon fonds en euros est passé d’environ 2,3 % à 1,9 %, soit à peu près 80 € de moins par an pour 20 000 € placés.

J’ai suivi ce contrat en gestion libre, avec des versements réguliers au début de chaque année et aucun arbitrage pendant tout le test. J’ai gardé la même ligne de conduite pendant les trajets d’école, les fins de mois serrées, et les soirs où je rangeais les papiers sur la table du salon. J’ai pris l’habitude de noter la date du versement, le montant inscrit et la ligne du relevé annuel, puis de comparer chaque janvier avec le précédent.

Pour le calcul, j’ai repris le taux servi après participation aux bénéfices, puis j’ai retiré les prélèvements sociaux à 17. J’ai ensuite comparé le résultat avec l’inflation de l’année que je suivais dans mes notes, car le rendement net brut ne me disait pas grand-chose à lui seul. Le relevé affichait le taux en début d’année suivante, et je me suis vite aperçu que ce décalage comptait autant que le pourcentage lui-même.

Ce que je voulais mesurer, c’était le pouvoir d’achat gagné ou perdu, pas la beauté d’une ligne de relevé. J’ai donc comparé mon fonds euros avec un Livret A et avec mon épargne de précaution classique, celle que je laisse disponible sans y toucher pendant l’année. La différence n’était pas spectaculaire sur l’écran, mais elle devenait nette quand je reprenais les chiffres posément.

Je n’ai pas bougé d’un centime vers des unités de compte pendant le test, et je n’ai pas profité d’un bonus de rendement. Ce choix m’a simplifié la lecture, mais il m’a aussi privé d’une comparaison utile avec les contrats qui exigent une poche plus risquée. J’ai préféré garder un protocole simple, quitte à accepter qu’il soit un peu moins flatteur.

sur le rendement réel de mon fonds, le compte n’y était pas

Au bout de trois ans, je suis parti sur l’idée qu’un taux autour de 2 me laisserait une marge visible. J’ai été convaincu pendant quelques mois, parce que le contrat affichait bien quelque chose de propre et de régulier. Puis j’ai repris mes calculs, et je me suis retrouvé face à une réalité plus sèche, avec un pouvoir d’achat qui stagnait presque complètement.

La vraie friction est venue d’un versement fait en novembre de la troisième année. J’avais cru, un peu vite, que l’argent travaillerait presque une année pleine, alors qu’il n’a pratiquement rien produit sur cet exercice. J’ai compris ce jour-là que la date de versement pèse autant que le taux affiché, et que ce détail m’avait échappé au départ.

Le choc du relevé annuel de janvier est arrivé à la cinquième année. J’ai vu un taux brut qui semblait correct, puis j’ai refait le calcul et j’ai eu cette sensation bizarre d’avoir gagné des centimes de pouvoir d’achat. Le capital avait grossi sur le papier, mais mon panier de courses me rappelait autre chose.

Après ça, j’ai cessé de regarder le produit comme une victoire annuelle et je l’ai rangé dans la case des supports de maintien. J’ai gardé l’idée du cliquet, qui fige les intérêts acquis, mais je n’ai plus confondu stabilité de l’écran et progrès réel. Je me suis retrouvé à suivre autre chose, plus simple et plus rude, le net réel année par année.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de me lancer dans ce suivi à long terme

J’ai été convaincu trop vite par le taux brut affiché en début d’année. J’ai mis du temps à intégrer que le rendement net après prélèvements sociaux est déjà plus bas avant même que l’inflation ne vienne rogner le reste. Sur mon relevé, le chiffre restait propre, mais mon calcul faisait vite tomber l’illusion.

J’ai aussi sous-estimé l’effet d’un versement tardif, surtout quand l’argent entre en fin d’année. En novembre, je n’ai pas capté un exercice complet, et le premier relevé suivant m’a rappelé que la mécanique du fonds euros est lente. Ce que je prenais pour une année de placement ressemblait plutôt à quelques semaines de présence utile.

J’ai appris à regarder la ligne des frais de gestion, parce qu’elle ne saute jamais aux yeux sur la page d’accueil. Je les ai vus grignoter le rendement sans faire de bruit, année après année, comme une petite usure qui ne se voit qu’au bout du chemin. Je n’avais pas mesuré ce point au départ, et c’est lui qui m’a le plus agacé.

J’ai aussi fait l’erreur de comparer ce fonds euros à une épargne de précaution sans remettre l’inflation au centre. Une année, j’ai cru que mon capital tenait bon parce qu’il montait un peu, puis j’ai regardé les prix du quotidien, et la marche était moins belle. Avec le recul, le rendement nominal parlait trop fort et le pouvoir d’achat parlait trop bas.

Au bout de cinq ans, ce que je retiens vraiment de cette expérience

Au bout de cinq ans, mon rendement moyen brut tourne autour de 2, et le net réel s’est rapproché de zéro sur plusieurs exercices. Quand je retire les prélèvements sociaux puis l’inflation, je ne vois pas un enrichissement net, mais un maintien très modeste. Le fonds euros m’a surtout servi de zone de repos, pas de moteur patrimonial.

Dans mon foyer, avec mes deux enfants, j’ai fini par lui assigner une place simple, celle d’une poche de sécurité. J’ai aimé voir le capital bouger très peu à l’écran, mais sans que ça se traduise dans mon porte-monnaie. Cette stabilité m’a rassuré les années agitées, mais elle n’a pas créé de vraie marche en avant sur le plan du pouvoir d’achat.

J’ai testé en parallèle un Livret A, un PEL ouvert avant la hausse des taux, et un contrat avec bonus lié à une part en unités de compte. Le livret m’a servi pour la liquidité, le PEL m’a laissé une lecture plus lisible, et le bonus m’a paru intéressant seulement quand je supportais une dose de risque que je ne voulais pas sur tout le contrat. Chaque support avait sa logique, mais aucun ne m’a donné le même ressenti de sécurité que le fonds euros.

Chez Generali, le relevé de janvier m’a servi de rappel concret : un taux affiché correct ne suffit pas à dire ce que l’argent rapporte vraiment. Pour quelqu’un qui accepte une poche prudente, qui cherche un tampon en période agitée et qui supporte un rendement nominal modeste, je trouve le fonds euros encore lisible. Pour quelqu’un qui attend une vraie progression du pouvoir d’achat, le risque d’illusion reste très fort, et mes cinq ans de suivi l’ont montré sans détour.

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